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Blog | Arbre Généalogique
27 juillet 2026 4 min de lecture

Regardez défiler les drapeaux lors d'une cérémonie olympique. Très vite, un sentiment étrange s'installe : on a l'impression de les avoir déjà vus.

Regardez défiler les nations lors d'une cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques. Au bout de quelques dizaines de drapeaux, une impression curieuse s'installe. Ce bleu-blanc-rouge, ne l'a-t-on pas déjà croisé trois pays plus tôt ? Cette croix, ce croissant, ces trois bandes vertes, jaunes et rouges reviennent comme des refrains. Ce n'est pas une illusion. Beaucoup de drapeaux se ressemblent parce qu'ils descendent les uns des autres.

Les vexillologues appellent cela des « familles de drapeaux » : des groupes de drapeaux qui partagent un même ancêtre visuel, souvent liés par la géographie et l'histoire. Retracer ces filiations revient à lire une histoire du monde écrite en couleurs.

La racine néerlandaise

L'une des plus grandes familles commence dans un petit pays de la mer du Nord. Dès le XVIᵉ siècle, les Provinces-Unies hissent un drapeau à trois bandes horizontales, rouge, blanc et bleu. C'est l'un des tout premiers tricolores de l'histoire, et son destin va dépasser de loin les frontières hollandaises.

À la fin des années 1600, un jeune tsar russe débarque aux Pays-Bas. Pierre le Grand veut apprendre l'art de la construction navale pour moderniser sa flotte. Il en repart avec des savoir-faire, mais aussi avec une idée : un pavillon pour ses navires. Le blanc-bleu-rouge russe s'inspire directement du modèle néerlandais. Un drapeau vient d'en engendrer un autre.

Les couleurs panslaves

De la Russie, ces trois couleurs vont irriguer tout un continent. En juin 1848, au cœur des révolutions qui secouent l'Europe, se tient à Prague le premier Congrès panslave. Les délégués venus des peuples slaves y adoptent le blanc, le bleu et le rouge comme couleurs communes, en hommage au drapeau russe, alors symbole du plus grand État slave.

On les retrouve aujourd'hui, dans des ordres variés, sur les drapeaux de la Serbie, de la Slovaquie, de la Slovénie, de la Croatie et de la Tchéquie. Toutes les nations slaves ne les ont pas adoptées : la Pologne, l'Ukraine ou la Bulgarie ont suivi d'autres chemins. Mais la filiation reste spectaculaire. Un pavillon hollandais du XVIᵉ siècle a fini, deux siècles plus tard, par colorer la moitié de l'Europe de l'Est.

La croix nordique

Une autre grande famille est encore plus ancienne. Tout part du Dannebrog danois, dont l'usage remonte au Moyen Âge. Sa croix blanche, décalée vers la hampe, symbole de la chrétienté, s'est transmise à toute l'Europe du Nord. La Suède, la Norvège, la Finlande, l'Islande et les îles Féroé arborent chacune une version de ce même schéma. Le fond change, la couleur de la croix aussi, mais le squelette reste identique. Regarder un drapeau nordique, c'est contempler un descendant du plus vieux drapeau du monde.

Le tricolore français

En 1790, la Révolution française fixe le bleu, le blanc et le rouge en trois bandes verticales. Le format devient un manifeste : trois couleurs debout côte à côte, symbole de république et de rupture avec l'Ancien Régime. Sa structure, davantage que ses couleurs, va inspirer une multitude de drapeaux, de l'Italie à l'Irlande, de la Belgique à de nombreuses jeunes nations d'Afrique et d'Amérique latine.

Les autres grandes lignées

L'histoire des drapeaux compte encore plusieurs familles majeures, chacune digne de son propre récit.

Le croissant et l'étoile, hérités de l'Empire ottoman, se retrouvent de la Turquie à la Tunisie et sur de nombreux drapeaux de pays à majorité musulmane.

Les couleurs panarabes, le noir, le blanc, le vert et le rouge, sont nées de la Grande Révolte arabe de 1916. Nous leur consacrons un article entier, « Les couleurs panarabes et la révolte de 1916 ».

Les couleurs panafricaines, le vert, le jaune et le rouge, sont issues de l'Éthiopie et se sont diffusées lors des indépendances. Là aussi, une histoire à part vous attend : « D'où viennent vraiment les couleurs panafricaines ? ».

Enfin, l'Union Jack britannique se cache dans le coin de dizaines de drapeaux à travers le monde. Deux articles lui sont dédiés : « L'histoire de l'Union Jack » et « L'Union Jack caché dans d'autres drapeaux ».

Lire un drapeau comme une carte du temps

Comprendre les familles de drapeaux, c'est cesser de voir des coïncidences. Deux drapeaux qui se ressemblent racontent presque toujours une histoire commune : un voyage, une conquête, une révolution, une idée partagée qui a franchi les frontières. Derrière chaque étoffe se cache un arbre généalogique, et cet arbre, c'est celui du monde lui-même.

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